Café débat

Compte-rendu du premier café débat: Les discriminations hommes-femmes
Intervenant: Docteur Georges Yoram FEDERMANN, Psychiatre

Strasbourg le 24 février 2011

ARGUMENT DU 22 FEVRIER 

Des inégalités entre l’homme et la femme, je voulais vous rappeler quelques éléments fondateurs qui ont trait à la culture générale et notamment aux textes fondateurs du judéo-christianisme, associés à la psychologie actuelle et à l’histoire.

Revenons à la scène inaugurale qui réunit Adam, Eve et le Serpent. 
On considère généralement de manière rapide que Eve pousse Adam à commettre une faute et entraîne «leur chute» en favorisant leur expulsion du paradis. 

On oublie peut être trop vite que pendant qu’Eve est confrontée au serpent, non pas tant pour commettre une faute, on va le voir, Adam dort. 
Or l’homme dort dans deux situations principales, après manger et après l’amour.
Donc on peut admettre que Eve est alors enceinte d’un enfant dont elle n’a pas reconnu le genre et qu’elle est en « responsabilité » face au serpent afin de déterminer avec lui les conditions de l’avenir politique, sociologique, idéologique et juridique du monde.

La chute dont il est question dans la tradition judéo-chrétienne pourrait être en fait une élévation et une entrée dans l’humanisation pour le meilleur et pour le pire.

Avec 3000 ans de recul on peut se dire que la vie au paradis est invivable puisque probablement il ne s’y passe pas grand chose…..

A partir de l’interprétation de ce texte comment peut-on admettre l’effacement de la femme devant l’homme en terme de responsabilité sociale? 
Comment admette que le droit de vote n’ait été octroyé à la femme qu‘après la première guerre mondiale en Allemagne et la seconde en France? 
Comment admettre la prolétarisation de la femme après un divorce? 
Comment transmettre à l’homme le vécu d’une grossesse? 
Comment comprendre que les femmes ne pousseront jamais leurs enfants à faire la guerre et jusqu’à présent ne feront jamais de déclaration de guerre? 
Comment comprendre qu’ au Moyen-Age ,après les lépreux et les juifs ,on ait brûlé les sorcières ?
Comment comprendre l’obsessionnalité de l’homme et l’usage qu’il exerce de la violence à tout bout de champ si j’ose dire? 

Sinon en admettant des qualités psychologiques et affectives différentes chez la femme, qualités d’acuité affective, de reconnaissance, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement.

Les fonctions sociales de l’homme et de la femme sont-elles prédéterminées et imposées par la société ? 
En grande partie,c’est oui.

Les transgenres aujourd’hui nous donnent alors une piste de réflexion supplémentaire affirmant souvent que le genre est imposé par la société!
Il n’est donc pas impossible que chacun soit appelé à se reconnaître dans le genre, chemin faisant de sa vie. 
Cette hypothèse de travail est tout à fait intéressante car elle nous oblige à prendre en compte de façon prépondérante la question de la transmission et de la manière dont les pédagogues et les parents se situent par rapport à l’histoire (leur propre histoire, l’histoire de leur pays, l’histoire de leur histoire) et de quelle manière la rencontre des deux histoires parentales s’opèrent pour offrir un métissage culturel ou une opposition culturelle dont les enfants seront les bénéficiaires ou les victimes.

Je fais référence à l’adhésion des médecins au nazisme en affirmant que les meilleurs médecins du monde occidental à l’époque, y ont adhéré en majorité sans y être obligé, et en posant l’hypothèse que cette adhésion était structurelle et non pas accidentelle.

Ceci pour nous convaincre que la commande sociale est beaucoup plus forte qu’il n’y paraît et qu’elle peut même nous pousser au crime sur des parties de la population que des spécialistes auraient désignées pour décider qu’elle est » indigne de vivre ».

Se rappelant que la reconnaissance de l’âme de la femme est toute récente tout comme celle des indiens (16-ème siècle), nous sommes obligés de nous interroger sur les effets culturels d’un tel dogme sur la société et sur la conviction de la supériorité de l’homme et de l’infériorité de la femme en termes de force physique, situation sociale et politique.

On peut se demander comment tout cela a été admis par la société pendant plus de deux millénaires pour quelles raisons, avec quels effets?

On peut continuer à s’interroger, mais probablement réfléchir aussi du côté de l’effacement volontaire de la femme afin de préserver l’équilibre du monde des effets de l’aveuglement de l’homme.

La femme est l’avenir de l’homme comme disait Aragon, mais si on s’en tient à ce que B. Brecht pensait, le veau est probablement l’avenir de la femme, compte tenu de l’adage «L’homme est bon, mais le veau est meilleur».

Merci de votre confiance et de votre invitation.

Georges Yoram Federmann

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